Courtesy dependance, Brussels / photo: Virginie Schreyen
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04/06/2006 - 16/07/2006

La sélection de peintures de Jean-Jacques Gailliard (1890-1976) est le fruit d’un choix très limité et subjectif dans toute son œuvre et s’inscrit dans le cadre de la série d’expositions dédiées aux artistes représentés dans la collection, mais peu connus du public flamand. Le musée Dhondt-Dhaenens souhaite ainsi identifier les qualités intrinsèques particulières dans l’œuvre de l’artiste.

La carrière artistique du Bruxellois Jean-Jacques Gailliard s’étend sur environ 70 ans. Fils du peintre réputé Franz Gailliard, Jean-Jacques Gailliard grandit dans une atmosphère artistique. Après une période symboliste dans les années 1910 et une période constructiviste dans les années 1920, il a développé un style pictural ultime auquel il est resté fidèle tout au long de sa carrière. Il définissait lui-même son style de « surimpressionniste ». Son art pictural était pour lui la synthèse entre le fils matériel des impressionnistes et le fils spirituel, la fusion du corps et de l’esprit. Il a continuellement exercé cette technique de la surcharge, des fantômes du passé, des silhouettes graphiques de personnes et d’objets, de la transparence… Il joue avec l’abstrait sans pour autant abandonner tout à fait la figuration. L’utilisation identique des lignes et des surfaces colorées sur les différents plans donne naissance à une représentation dans laquelle la perspective et les proportions perdent tout leur sens au profit d’une rythmique picturale. Jean-Jacques Gailliard assure une grande variété dans les thèmes qu’il choisit : scènes de rue, portraits, natures mortes, intérieurs, scènes de la mythologie, illusions… Il expérimente aussi continuellement de nouvelles utilisations de la couleur et de nouvelles méthodes d’application de la peinture. Il peut parfois s’écouler de nombreuses années entre deux œuvres présentant une thématique ou une technique semblable.

Jean-Jacques Gailliard est un artiste espiègle, mystérieux, très intelligent, toujours à la recherche du sens de la vie et des choses et qui intègre dans ses œuvres un fond littéraire. Il a laissé derrière lui une œuvre dont le sens le plus profond n’est pas toujours facile à identifier. L’une de ses grandes sources d’inspiration fut le théologien suédois Emmanuel Swedenborg qui a écrit des ouvrages sur la vie après la mort et sur la sortie de l’esprit du corps humain. La couleur blanche proéminente dans l’œuvre de Jean-Jacques Gailliard fait référence à l’idée de Swedenborg qui veut que cette couleur soit celle de la mort et du début d’une nouvelle vie. La pensée de Gailliard à ce sujet se poursuit dans ses œuvres par la présence/l’absence de figures humaines dans les intérieurs et les natures mortes, tout comme dans la quête de l’âme de chaque objet. Les conversations toujours animées avec ses amis James Ensor, Michel de Ghelderode ou Victor Servranckx sont aussi une grande source d’inspiration. Ses œuvres recèlent régulièrement des critiques sociales implicites, comme le cyclope qui représente la vision unidimensionnelle. Les plus grandes motivations de l’artiste ont tout de même été sa joie de vivre et sa passion pour le dessin et la peinture. Son amour pour la femme, sa sympathie pour sa famille, ses connaissances en littérature, sa profonde amitié avec ses collègues et connaissances… Tout se ressent dans l’œuvre de Jean-Jacques Gailliard.

L’exposition Jean-Jacques Gailliard s’est tenue du 4 juin 2006 au 16 juillet 2006.

Pour plus d’informations, consultez le magazine Museum DoorDacht 3.

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