Louis Thévenet ® Guy Braeckman (AD/art bvba)
NL EN FR

Valerius De Saedeleer

13/11/2005 - 15/01/2006

Lorsque le jeune artiste Valerius De Saedeleer (Alost 1867 – Leupegem 1941) s’est installé à Laethem-Saint-Martin, en 1898, il ne savait pas vraiment quelle orientation il devait donner à sa peinture. Certes, les paysages naturels aux touches de peintures impressionnistes que peignait son maître Frans Courtens étaient remarquables, mais Valerius De Saedeleer cherchait autre chose. Il cherchait sa propre peinture. Laethem-Saint-Martin lui permit de se ressourcer dans un climat artistique, car le sculpteur George Minne et le peintre Gustave Van de Woestyne vinrent aussi s’y installer, séduits par la nature sauvage, la variété des paysages et la vie simple et modeste.

Valerius De Saedeleer conserve clairement l’influence de Franz Courtens jusqu’en 1903. Ce n’est que l’année suivante qu’il peint sa toute première interprétation personnelle d’un paysage. À l’époque où l’impressionnisme connaît son dernier essor, où le fauvisme et le cubisme se développent en France et où quelques artistes allemands introduisent l’expressionnisme comme nouveau style, Valerius De Saedeleer opte, lui, pour des paysages classiques faisant preuve d’une composition très réfléchie, d’une texture lisse et d’une représentation minutieuse. La découverte des Primitifs flamands lors d’une grande exposition à Bruges en 1902 est généralement considérée comme le déclencheur du revirement artistique inattendu dans son œuvre. Il va, dès ce moment, accorder une attention soutenue à la perfection technique et s’inscrit ainsi dans la tradition de la peinture flamande. Il renonce à toute improvisation et ne laisse plus rien au hasard, à l’instar des Primitifs.

Vers 1907-1908, il peint différents paysages avec des arbres dépourvus de feuillages au premier plan. La calligraphie épurée des branches devient la griffe de l’artiste. Il peint à la même époque les différentes séries représentant la forge et la ferme Tempelhof aux différentes saisons. Valerius De Saedeleer déménage avec sa famille en 1908 à Tiegem, dans les Ardennes flamandes. Le paysage plat de la Lys laisse place à un panorama de collines et de vallées. Les années de guerre conduisent Valerius De Saedeleer au pays de Galles. Il revient ensuite s’installer dans les Ardennes flamandes, mais cette fois à Etikhove où il vivra jusqu’à quelques années avant sa mort.

Nous voulons, grâce à cette exposition, nous intéresser plus en profondeur à la technique de Valerius De Saedeleer. Si nous considérons l’ensemble de son œuvre, nous remarquons qu’il n’a en fait peint qu’un nombre restreint de paysages. Chaque paysage est, par contre, chaque fois abordé d’une façon différente : comme un photographe, il zoome en avant ou en arrière, il cherche de nouveaux points de vue, il joue avec les effets de lumière et les changements de saisons. Il ajoute ou supprime également des éléments dans la composition, comme des arbres ou des maisons. Il nous a donc semblé passionnant de constituer quelques séries. Les paysages de la région de la Lys nous permettent par exemple d’expliciter le revirement artistique dans l’œuvre de Valerius de Saedeleer. Alors que les premières vues sur la Lys évoquent encore des impressions de la nature, les paysages du peintre évoluent ensuite vers des représentations quasi photographiques de la réalité. Sur ces paysages de la Lys, la ligne d’horizon est très basse, le ciel occupe donc une grande partie de l’œuvre.

Après les paysages de la Lys suivent les œuvres représentant la forge et la ferme Tempelhof de Laethem. Nous observons aussi dans cette série de tableaux que Valerius De Saedeleer joue avec le cadrage et les saisons. Lorsqu’il peint, dans les années 1920, le paysage comme il le voit de son atelier à Etikhove, il joue avec les différents plans. Le premier plan est ainsi occupé par une rangée d’arbres sur une toile, par un vieux hangar ou une couche de neige monochrome blanche sur d’autres. Il utilise aussi l’effet de dégradé en laissant le bas de la toile blanc et en peignant un vert de plus en plus intense vers le haut.

Le but de cette sélection de peintures était de montrer la valeur et la signification actuelles de l’œuvre de Valerius De Saedeleer. Sa technique est toujours utilisée aujourd’hui par d’autres artistes et mérite dès lors une place particulière dans l’histoire de l’art. C’était pour nous un défi de reconsidérer l’image de bourgeois obsolète communément admise de ce peintre exceptionnel. Il était bien dommage que certaines séries ne puissent être développées ou présentées dans leur ensemble. Nous souhaitons remercier sincèrement toutes les personnes qui nous ont aidés à rendre cette exposition possible et qui, comme nous, ont voulu transmettre le sens artistique de Valerius De Saedeleer aux générations suivantes d’amateurs d’art.

Cette exposition s’est tenue du 13 novembre 2005 au 15 janvier 2006.

Pour plus d’informations, consultez le magazine Museum DoorDacht 2

d-artagnan | all for advertising